Archives pour: Mai 2005

31.05.05

Permalink 18:36:33, Catégories: Patati et Patata, 366 mots   French (FR)

Troisième mi-temps

Pour le moment tout va bien, il ne pleut toujours pas de grenouilles. A croire que Dieu nous a oublié. Pourtant ce ne sont pas les grands prédicateurs qui manquent. Ecoutez les tonner ces pasteurs qui brandissent la sainte bible TCE aux mécréants : "Repentez vous mes frères pendant qu'il est encore temps! Flagellez-vous avec des branches d'orties et des ronces de framboise! Suppôts du Non et du grand Satan, vade retro Melenchon!". On dirait du Saint Vincent Ferrier, l'accent espagnol en moins.

En tout cas je suis bien content que le Non ait gagné. D'une part parce que les tenants du Oui sont des xénophobes qui n'hésitent pas à défendre un texte approuvé par l'extrême droite autrichienne. Ensuite beaucoup des tenants du Oui, n'ont pas lu la Constitution, ils se sont trompés d'élections, ils ont voulu approuver la politique de Chirac; les tenants du oui sont des démagos, prêts à promettre n'importe quoi (la baisse de la TVA pour les restaurants, la hausse des taxes douanières sur les strings chinois...); et puis les tenants du Oui sont d'incorrigibles utopistes : sur quelles bases ils allaient la construire leur Europe? Sur les idées de Berlusconi? de Chérèque? de Zapatero? de l'Unice? de la CES? La coalition du oui était bien trop hétérogène pour proposer quoi que ce soit de cohérent. Heureusement que nous, les réalistes, nous les avons remis dans le droit chemin. Emanuelli est grand et Buffet est son prophète.

Tout ça pour dire que j'en ai un peu marre de me faire mettre plus bas que terre par des gens qui voudraient avoir l'air mais qui n'ont pas l'air du tout. Ca allait mal, ça n'ira probablement pas mieux, mais ça aurait pu être bien pire. La déception est une chose, l'aigreur et la mauvaise foi en sont une autre. Il est vrai qu'il est plus facile de dire que les Français sont des abrutis que d'analyser ses propres erreurs. En tout cas Chirac aura au moins réussi une chose : faire exploser la gauche. Ca va être coton pour recoller les morceaux.

30.05.05

Permalink 22:46:43, Catégories: Patati et Patata, 572 mots   French (FR)

On refait le match

Evidemment à chaud, instinctivement, quand j'ai vu le Non à 55% je me suis dis : "rah putain la branlée qu'on leur a mis". Puis l'émotion passée, après quelques minutes de réflexion, j'ai approfondi et affiné mon analyse : "Dans le cul Barroso! Dans le cul Chirac!". Un vrai hooligan. Bestial. Zero fair-play. Faut dire que depuis l'élection des délégués de classe en 5°, j'en ai pas gagné beaucoup des scrutins. Une fois tous les vingt ans, ça fait du bien d'être dans le camp des vainqueurs. Ca change, ça rompt la monotonie.

Après je suis allé à ma fenêtre et j'ai observé le ciel. Je m'attendais à voir des nuées de criquets s'abattre sur mon parking et dévorer ma Ford Escort mais après 5 mn, comme je ne voyais pas arriver la punition divine, je suis retourné devant mon téléviseur pour écouter nos fins politiques refaire le match. Et là on a repris les mêmes et on a recommencé : le Non est un tsunami, un séisme, un cataclysme; le Non est un vote isolationniste, populiste, démagogique, extrêmiste; le Non c'est la fin du couple franco-allemand, la fin de l'Europe, la fin de la France et des blogs typepad; le Non est un repli sur soi, une pratique masturbatoire de déviant. Le Non rend sourd.

DSK est triste et déçu. Mais il l'est certainement moins que moi quand j'ai perdu ma retraite à 60 ans après deux mois de grève. Je sais je mélange tout. Quoique. On ne peut pas dire que Barroso, Giscard ou Delors m'aient beaucoup soutenu dans la lutte. Alors forcément maintenant quand ces vieux messieurs me donnent un bonbon, je me méfie.

Tous ces fervents européens ont du mal à comprendre que ceux qui gagnent moins de 1000 euros par mois, ont d'autres soucis dans la vie que de faire plaisir à nos partenaires européens; ils ne comprennent pas que les précaires, sous-payés et sur-exploités par la Poste, l'Education nationale, les hôpitaux, soient forcément quelques peu frigides envers la mise en concurrence des services publics; ils ne comprennent pas que les vignerons languedociens asphixiés par le libre-marché, ne soient pas des farouches partisans de l'ouverture des frontières; ces experts européens ont du mal à saisir qu'une Europe qui autorise le dumping job, ça n'a rien de bien exaltant. Qu'est-ce que tous ces gens avaient à gagner dans le TCE? Qu'est-ce que les smicards ont à gagner à la libre-circulation des capitaux? Quelle est, sinon la dernière mesure sociale, du moins la dernière initiative sociale, qu'a prise l'Europe pour ces gens là? Le lyrisme dadaïste de Raffarin, l'autocensure de Barroso, la nullité intrinsèque de Chirac, l'éclatement du PS et des Verts, avaient bien peu de chance de répondre à ces questions.

Alors oui bien sûr quand j'ai vu la tribu Le Pen se réjouir ça m'a fait chier; quand j'ai vu De Villiers et ses fins de races danser le menuet, ça m'a plombé; quand j'ai vu l'abattement de ma collègue d'origine serbe, ça m'a peiné; quand je lis la déception des militants de gauche, je comprends. Car faut pas croire, moi aussi la Paix, la Fraternité entre les peuples, l'Internationalisme, j'aime ça. A condition toutefois qu'ils ne servent pas de paravent et de cache-sexe à l'exploitation de l'homme par l'homme.

29.05.05

Permalink 10:51:25, Catégories: Patati et Patata, 131 mots   French (FR)

On récapitule...

Si vous avez un peu de temps, envoyez moi un mail à l'adresse suivante torpedo@gmx.fr pour me dire oui ou non au TCE. J'actualiserai la liste au fur et à mesure de la journée.

[cette initiative aura au moins eu le mérite de compter mes lecteurs. Une grande leçon d'humilité. Malgré tout je laisse le bureau de votre ouvert encore quelques heures]

Torpedo : non
Rom : non
Bix : oui
Hélichryse : non
Claudius : non
D.Vidal : non
C'est pas faux : non
Egomi:non
Aqb : non
Embruns: oui
Hemisphair:oui
L.Lemeur: oui
Imbloglio:oui
Chryde:oui
Lalut : non
Gadjodilo (parabole): non
A plusieurs communs: non
Les clés sont sur la porte : non
Princessegrenouille : oui
Tolga : non
Blogskaïa : oui
Lalune : non
Monolecte : non
M le Maudit : non
à suivre

28.05.05

Permalink 22:30:08, Catégories: Le petit Nicolas, 440 mots   French (FR)

Cours Forest

Jusqu'à aujourd'hui, un mystère terrible m'obsédait, hantait mes nuits, mes insomnies. J'y pensais même le matin en me rasant devant la glace. Et j'avais beau tourner et retourner les données du problème dans ma tête, tel un rubicube inextricable, je ne pouvais trouver la réponse à ceci : pourquoi Sarkozy grossissait de JT en JT, tel un petit goret d'élevage breton, alors que partout il se vantait d'être un as du vélo et du jogging? Comment un grand sportif comme lui qui dissertait si aisément, confortablement vautré chez Drucker, sur les vertus du vélo et du maillot à pois, pouvait prendre autant des joues, du ventre et du menton? Pourquoi paraissait-il de plus en plus à l'étroit dans ses costumes alors que devant les caméras de télé on le voyait suer dans son survêt, entouré par ses gardes du corps qui tout en marchant allaient à la même allure que lui? Mystère et boule de gras, Nicolas était jusqu'à ce jour un défi à la logique aérobic.

Alors oui bien sûr j'ai bien échaffaudé quelques hypothèses pour tenter de percer ce mystère aussi épais qu'un bourrelet de sumo. Tout d'abord j'ai cru que Sarkozy faisait comme moi : se gaver de crème de marron à la chantilly sur de grandes tartines de Nutella entre deux tours de stade. Mais cela ne pouvait être puisque cette recette héritée d'un moine tibétain boulimique est connue de moi seul. Ensuite j'ai cru qu'il avait un problème à la tyroïde mais là aussi la supputation n'était guère plausible puisque comme chacun le sait, le nuage de Tchernobyl s'est arrêté à la frontière de Neuilly-centre.

Heureusement aujourd'hui Le Matin lève le voile :

Mais comment Nicolas Sarkozy faisait-il pour rencontrer ses maîtresses, alors que Cécilia gérait son agenda en tant que chef de son cabinet? Selon des sources proches du président de l'UMP, Sarko s'octroyait quelques heures de jogging par-ci par-là. Notamment dans le parc Monceau, lorsqu'il était ministre de l'Intérieur. Et il n'aurait pas fait que courir pendant ces moments-là!

Sarkozy préférait la nique à ses Nike. Ah ah. Oh oh.

(Ce blog est de plus en plus laborieux. Objectivement, je crois que j'ai besoin de vacances.)

(Et non je ne suis pas le seul à me gosser. Daniel Schneidermann le fait aussi, et Daniel c'est pas un con, il s'est fait viré de Le Monde.)

(Comme tu peux le constater Bix, je ne suis pas en état d'écrire quoi que ce soit sur Allende.)

27.05.05

Permalink 10:18:54, Catégories: Le petit Nicolas, 231 mots   French (FR)

Dynastie

"Cécilia, ton lit est trop dur
Pourtant on y fait de beaux rêves
O Cécilia, ton vin est trop doux
Mais j'aime son goût sur tes lèvres"

Joe Dassin, Cécilia.

(on ne peut quand même pas citer Victor Hugo tous les jours)

D'après cet édifiant sondage, la côte d'amour que porte Cécilia envers sa tendre moitié (au sens propre), est au plus bas. Il semblerait que Nicolas le besogneur soit aussi un butineur. Il est vrai que récemment il s'est affiché en public avec Hollande. L'infidélité de trop sans aucun doute. D'ailleurs je me demande comment va réagir Ségolène Royale; va-t-elle aussi quitter la mimolette qui lui sert de mari pour rejoindre un beau publicitaire au teint halé?

Alors, oui je sais, attaquer un homme politique sur sa vie privée c'est mal. Sarkozy n'avait qu'à faire comme moi : ne pas s'exhiber sur son blog (Paris-Match) ou sur ses webcams (Tf1, Envoyé spécial). Mais il ne va quand même pas nous faire le coup des Grimaldi : "Respectez ma vie privée s'il vous plaît, mais n'oubliez pas de parler de moi et de ma famille de Schtroumph. On s'aime et on est beau. La France a le droit de le savoir". A trop exposer son cul au soleil, on finit par le carboniser.

26.05.05

Permalink 11:25:16, Catégories: Petit boutiquier, 225 mots   French (FR)

La parabole qui tue la mort

La parabole de Freud :
- Tu m'as rendu le chaudron que je t'avais prêté avec un trou dedans.
- Primo, tu ne m'as pas prêté de chaudron; secundo, le chaudron était déjà percé lorsque je l’ai emprunté; tertio : je t'ai rendu ton chaudron intact.

La parabole du Oui :
- La Constitution est-elle trop libérale?
- Primo la Constitution n'est pas libérale; secundo elle n'est pas plus libérale que le traité de Nice; tertio, le libéralisme est une bonne chose pour l'Europe.

Mouais, je sais mon analogie est un peu foireuse. En plus je suis sûr que quelqu'un l'a déjà faite avant moi. Je n'arrive pas à être totalement à l'aise*** avec ce reférendum. Peut-être est-ce parce que j'ai aussi des amis qui vont voter oui et que quand même mes amis c'est plus important que le référendum. Comme dirait ma soeur, je suis un centriste qui s'ignore. Elle est vache ma soeur quand il s'y met.

***restons avec l'ami Sigmund; je viens de commettre un lapsus : mes doigts ont fourché sur le clavier et j'ai écris "à l'aide" au lieu de "à l'aise". Voilà, voilà.

(C'est quand même curieux cette sensation désagréable que parfois j'éprouve, d'avoir encombré le Web par des posts sans intérêts. Histoire de remonter le niveau une petite devinette)

Permalink 10:41:33, Catégories: Mon métier, ma passion., 116 mots   French (FR)

C'est encore loin l'Amérique?

- Alors comment qu'elle s'appelle la grande chaîne de montagne d'Amérique du Nord?
Et Benoît de trépigner de toute ses forces sur sa chaise, en levant la main très très haut :
- Moi je sais, moi je sais. C'est l'Himalaya.
Et Audrey, sa voisine, de s'esclaffer cruellement :
- Mouarffff***. N'importe quoi, l'Himalaya c'est en Afrique.

Ok. Prenez vos livres. P 236. On va revoir les fondamentaux. La Sun Belt attendra encore un peu. Surtout ne stressez pas pour le brevet, vous avez encore toutes vos chances.

*** l'esclaffement d'adolescent est très difficile à reproduire phonétiquement. C'est à mi-chemin de la sirène de paquebot et du bruit d'un TGV courant le long d'un passage à niveau.

24.05.05

Permalink 19:50:29, Catégories: Petit boutiquier, 283 mots   French (FR)

Entassons les pauvres

"Caves de Lille, on meurt sous vos plafonds de pierre", Victor Hugo.

Ca y est, on l'a enfin notre grand acquis social du III° millénaire. Et moi, langue de pepieta, qui commençait à désespérer. Encore quelques jours à attendre et bientôt on aura enfin le droit de se loger dans une appartement inférieur à 9m2. Il était grand temps que cette loi stalinisante qui limitait jusqu'à alors de manière aussi intolérable qu'insupportable notre droit au logement tombe enfin. Un petit pas pour l'homme, mais un grand placard pour l'humanité!

Les bougons auront beau jeu de clamer : "oui mais c'est seulement pour les célibataires, les étudiants, les sans domicile fixe, les personnes défavorisés et à la limite les femmes seules avec un enfant qui y auront droit". Patience que diable, l'hôtel Paris-Opéra ne s'est pas brûlé en 40 mn. Bientôt les classes moyennes et autres familles nombreuses pourront jouir pleinement de leur mansarde et des chiottes collectifs orientés plein sud sur le palier. Faisons confiance au pragmatisme des propriétaires et des agences pour généraliser cette grande mesure sociale à l'ensemble de la population. Foi de Borloo, la crise du logement ne sera bientôt qu'un vilain souvenir. Pourquoi financer un grand programme de construction de logements quand on peut permettre aux Thénardiers et autres marchands de sommeil de louer leur cagibi à prix d'or. En plus, c'est remboursé par la CAF. Et puis, à 5 familles nombreuses dans un F5, cette fois c'est sûr, la cohésion sociale ne sera plus un vain mot.

Les associations réticentes
Le gouvernement va autoriser la location de chambres de bonne de moins de 9m2

Permalink 11:29:35, Catégories: Petit boutiquier, 287 mots   French (FR)

Chaud comme la braise

Décidément, depuis que la couronne de France à intégrer le Poitou au royaume, la scène comique française est en plein renouveau comme en témoigne la dernière saillie (verbale) de Raffarin : "Ne soyons pas frigides avec l'Europe".

Certes 95% fois sur cent, les femmes s'ennuient en lisant le TCE. Les hommes aussi un peu. Le conseil peut donc paraître judicieux mais de là à se faire endopher, il y a une marge. Après vérification étymologique, frigide n'a bien qu'un seul sens : "se dit d'une femme souffrant de frigidité c'est-à-dire d'absence d'orgasme chez la femme lors de rapport sexuel." Du coup je ne comprends pas trop le message du rescapé de la vésicule. Dois-je en déduire qu'il faille sucer la directive à Bolkestein? Ou bien dois-je simuler bruyamment l'orgasme à la lecture de l'article I-3? Ou bien encore dois-je lire la Constititution assis sur ma machine à laver (mode essorage)?

C'est quand même curieux ce rapport charnel et sexuel qu'entretiennent nos amis de droite avec l'Europe (cf. les tracts mysogines des Jeunes UDF). Peut-être est-ce la dernière trouvaille des laboratoires américains qui stimule leur libido (soi dit en passant il est réconfortant de constater que la recherche médicale privée se consacre aux vrais problèmes de santé publique. Le paludisme et le sida attendront encore un peu. Je ferme la parenthèse). A moins que ce ne soit les dessous affriolants des présentateurs JT qui leur mettent la fièvre. Quoi qu'il en soit, ce ne sont pas les Français(es) qui sont frigides. C'est la Constitution qui n'est pas sexy. On n'y trouve pas un seul sein de Sophie Marceau, c'est nul.

22.05.05

Permalink 20:52:41, Catégories: Ailleurs, 68 mots   French (FR)

Ca va chier

Un bâton d'esquimau, une crotte, un slogan et voici les affichages Decaux concurrencés :

Certes ce nouveau support publicitaire ne vaut pas un blog TypePad mais au moins c'est bio. Personnellement, je n'ai pas encore vu de mes yeux vus ces nouveaux panneaux d'affichage mais mon pied gauche reste à l'affût. La démarche du CROAC visant à mettre la Constitution dans la merde est expliquée ici.

19.05.05

Permalink 20:46:39, Catégories: La France que Loïc ne comprend pas, 508 mots   French (FR)

Les conflits sociaux expliqués aux Nuls

"Votre pessimisme, je ne le comprends pas. Ça me fait de la peine", Jacques Chirac, sumophile, 14 avril 2005 (Tf1).

Au sujet de la décision de manifester des chercheurs: "Honnêtement, j'ai du mal à comprendre", François Fillon, ministre en tout genre, 18 mai.

"Moi-même, je ne comprends pas pourquoi les organisations syndicales appellent à la grève", Louis Gallois, président SNCF, 19 mai 2005 (le Figaro)

"D'ailleurs j'ouvre une catégorie spécifique: La France que je ne comprends pas", L.Lemeur, représentant commercial.

Vous avez remarqué? Il semblerait qu'on soit dirigé par des débiles. Comprennent rien à rien. C'est pourtant pas faute de leur avoir expliqué. Bêtes à manger du foin qu'ils sont. Et encore faut pas oublier de flécher leur étable jusqu'à l'auge.

Ou alors ils se foutent de notre gueule. A l'instar des adolescents mal dans leur peau, ils jouent la provoc. Exprès pour nous énerver.

Ou bien, ils suivent le conseil de leur avocat : ils nient en bloc. "Je comprends rien à ce que vous me dites, c'est pas moi, j'ai un alibi, et si vous continuez à me maltraiter j'appelle Perben. Et d'abord j'l'ai jamais vu cette pute roumaine de 16 ans. En tout cas jamais sur la banquette arrière de ma Vel Satis".

Ca doit être le nouveau truc à la mode dans les instituts de communication : faire le gars plein de bonne volonté qui malgré ses efforts et sa gentillesse ne comprend rien. C'est drôlement pratique ça de faire le corniaud. Ca dédouane. "J'aurai bien voulu vous aider mais je comprends pas. Je suis con comme une bite. C'est pas ma faute, j'suis né comme ça. Je fais des efforts pourtant. Je fais même du kytesurf avec un Nokia 6680 dans le cul". La lutte des classe? Comprends pas. La précarité? Comprends pas. Les injustices sociales? Comprends pas. D'ailleurs entre nous, j'm'en fous un peu. Ca doit être ça l'intelligence du bras d'honneur.

Notez que moi non plus je ne comprends pas tout. Un exemple pris au hasard : la grève chez Total. Comment se fait-il que dans cette société qui rien qu'au premier trimestre de cette année a engrangé 2,5 milliards d'euros, la direction refuse de prendre en charge seule la journée de solidarité du 16 mai? Ca fait franchement radin, limite pingre. Comment se fait-il aussi que dans cette société qui mardi dernier annonçait encore à ses actionnaires, une hausse de 15% de leurs dividendes, la direction refuse l'idée même d'ouvrir des négociations salariales? Pourtant le Figaro essaye bien de faire oeuvre de pédagogie : cette grève est liée "à la mauvaise humeur des salariés". Si si c'est écrit. A croire que lundi les salariés, ils se sont tous levés du pied gauche. Ou bien le sac à poubelle a craqué dans l'escalier, et ça les a mis de mauvais poil. Ou alors c'est bonbonne qui leur a fait ceinture. Enfin bref, ils sont tout chafouins. Heureusement que le Figaro est là pour expliquer les choses à ceux qui ne comprennent rien.

18.05.05

Permalink 17:37:00, Catégories: On n'est pas là pour rigoler, 267 mots   French (FR)

Ryanair casse du syndicat

Ah l'Irlande. Ses trèfles. Ses rouquins. Son fighting spirit. Son antisyndicalisme primaire. Tout comme la Chine, l'Irlande fait partie de ces pays très tendance dont la simple évocation donne une poussée orgasmique de 8 sur l'échelle de Richter au premier dérégulateur venu d'HEC. C'est bien simple, Madelin ne peut plus boire une Guinness sans s'en mettre plein le kleenex. Y'a pas 30 ans, c'était tout juste bon à manger des patates au lard et à piquer les petites copines des autres (je me comprends) et voici qu'aujourd'hui le fleuron du capitalisme irlandais se permet de faire plus fort que Seillères et Bolkestein : la compagnie low-cost Ryanair dirigée par une pogne de maître O'Leary, vient d'annoncer que tous ses employés seraient augmentés de 3%. Sauf ceux qui sont syndiqués. Il y a quelques temps déjà, dans la même compagnie de transport à touristes, le commandant de bord John Goss avait été suspendu officiellement pour des raisons de sécurité, officieusement pour son appartenance syndicale.

Alors bien sûr, Ryanair va probablement être condamnée comme elle l'a été par le passé. On peut du moins l'espérer. Mais pour Ryanair, le véritable enjeu est ailleurs. Il s'agit avant tout d'intimider les salariés et de les empêcher de se syndiquer. Au delà de 50% de syndiqués parmi le personnel, la compagnie serait obligée d'après la loi de l'Eire de reconnaitre les syndicats et de négocier avec eux. Et ça O'Leary en bon despote patronal qu'il est, n'en veut à aucun prix, même en low-cost.

Permalink 12:16:02, Catégories: Petit boutiquier, 276 mots   French (FR)

Album souvenir

Photo n°4.

C'était donc en 1976. Séance nostalgie, flash-back flouté. On venait d'inventer un impôt sur la sécheresse. Jacques Chirac s'apprêtait à créer le RPR. Vincent Delerm voyait le jour et déjà ses jérémiades cassaient les petites fabriques à spermatozoides de ses voisins. Trois décennies plus tard, c'est toujours aussi glauque. Et de pleurer avec Ronsard :

Au beau mois de mai il est reviendu
Cet impôt contre la canicule,
Triste RPR que Jacques a vendu
Contre cet autre affreux bidule,
Et Delerm pauvre poète glandu,
les minettes acnéeuses l'adulent.

Ah muses célestes, quand donc cesserez-vous de tourmenter mon âme éperdue d'amour et de chocolat noir?

Raffarin, tout épais qu'il était, s'est fait bouffé par le système. Comme les plus grands. Comme les Rolling Stones, les Johnny Halliday, les Johnny Rotten, les JKF et autre Roger Hanin. Raffarin a délaissé le Bayley coco pour le kir royal, le col défait pour le costume étriqué made in China, les patt d'éph pour le string Dior. Elle est donc achevée l'époque où la buse du Poitou mouillait sans complexe sa chemise ainsi que les petites culottes en coton des jeunes giscardiennes? C'était le temps de la révolte où les jeunes centristes chantaient haut et fort la nostalgie des années Pompidou, le temps où ces Maïakovsky de Chamalières crachaient sans complexe leur haine de 68. Le ridicule ne tue pas et c'est ainsi que les centristes ont trouvé le salut. Non décidément le temps ne fait rien à l'affaire, grotesque il était, grotesque il demeure, gros il sera.

16.05.05

Permalink 19:31:15, Catégories: Ailleurs, 67 mots   French (FR)

Charung Gollar, l'hoax sympa

En dépit du fait que cette histoire de diplomate norvégien censé être chargé de présenter à l'ONU un graphique montrant les problèmes du monde, soit un hoax, cela n'enlève rien à la pertinence des images. Ca nous change de la petite péruvienne aveugle myopathe et trisomique à qui il faut envoyer 1$ avant qu'elle ne soit ensevelie sous la boue.

D'autres drapeaux légendés

Permalink 16:21:30, Catégories: Petit boutiquier, 212 mots   French (FR)

Privatisons les vieux

Nous avons encore beaucoup à apprendre des Etats-Unis. Ici quand notre gouvernement a besoin de fonds pour financer déambulateurs, ventilateurs et autres dvd de Vivement dimanche à l'attention des survivants de la canicule, on demande aux salariés d'être solidaires en leur imposant un jour de travail gratuit. C'est bien, c'est beau, c'est un bon début mais avec davantage de courage politique nul doute doute qu'on pourrait mieux faire encore.

Ainsi outre-atlantique, quand une compagnie aérienne est à deux ailerons de la faillite, on demande aussi aux salariés d'être solidaires et de renoncer à leur retraite. Ainsi United Airlines vient d'annoncer qu'elle ne paiera pas les retraites de ses employés. A pus la retraite. Pschitt la retraite, disparue, envolée dans le grand cosmos boursier. Une vie entière de cotisation qui vient de se crasher. Alors oui bien sûr, les retraités n'ont pas tout perdu : le fond de retraite du gouvernement américain, le Pension Benefit Guaranty Corp (PBGC), financera en partie ces retraites. Il n'empêche que pour les concernés, ce transfert de compétence se traduit par une perte sèche de 50%. Si ça c'est pas de la solidarité, je veux bien m'en couper une et la vendre sur e-bay au plus offrant.

13.05.05

Permalink 18:00:56, Catégories: On n'est pas là pour rigoler, 1578 mots   French (FR)

Port Barcarès, le retour. Bilan d'un congrès.

Après avoir rangé les dernières chaises, décroché les dernières banderoles de la salle, dit au revoir aux copains qui repartaient dans leur Gabachie* natale, j'étais tout chose. Il y avait dans l'atmosphère un petit air de fin de colonie de vacances. Comme vous le savez, un rien m'émeut car je suis un grand sentimental (à l'instar de Clair Chazal, la mort d'Eddy Barclay, foudroyé en pleine jeunesse, m'a beaucoup affecté). J'éprouvais un léger mais réel pincement au coeur de quitter tous ces nouveaux copains que j'ai cotoyé pendant une semaine.

Que retenir de ce 5° Congrès de l'UNSEN-CGT ?

Si je devais donner une seule raison pour inciter les gens à entrer dans la grande Espérance du syndicalisme, ça serait les rencontres qu'on y fait, la richesse et l'humanité des gens qu'on y croise. Quelques exemples :

- G., un type gentil comme tout. Il a été pendant cette semaine notre Jacques Faizan à nous.

- C. une machine à calembours infatigable :

"Iceberg à motte";
"J'ai menti par omission impossible";
"L'essentiel c'est d'être parti pissé";
"Le jeu des Mille Louis, un vrai succés dans l'Yonne"...


Evidemment, faut être un public facile. Ou alcoolisé. L'un n'empêche pas l'autre.

- JL le visionnaire. Ses commentaires politiques et prophétiques m'ont beaucoup appris :

"Ce 5° congrès sera le congrès de l'adultère";
"Ce matin, tu n'as pas le balais conquérant";
"Y'aurait pas un fond de veau dans les moules?".

Evidemment, là aussi faut être un public facile. Ou avoir fait comme moi, c'est-à-dire avoir amorti son forfait alcool de 15 euros dès le premier soir.

- A. une jeune fille qui avait toujours un mot gentil pour son prochain :

"Cette pouffe, elle a un cerveau de poule et un vagin de mule".

- tous les copains de l'Aude qui ont une conception festive du combat revendicatif (voir photo).

Alors oui bien sûr comme dans toute organisation qui se respecte, la CGT traîne aussi ses boulets. Inévitablement sur les 300 délégués présents à Port-Barcarès, il y avait quelques pénibles. Disons entre 5 et 10% :

- un gars du 59 qui apparement ne s'est jamais vraiment remis de l'arrêt des plans quinquennaux de l'acier soviétique. A chaque fois qu'il prenait la parole, C. chantonnait à voix basse "Et j'ai crié, crié-é, Staline pour qu'il revienne".

- une parisienne quelque peu psychorigide qui nous a donné un coup de main pour l'organisation et qui n'arrêtait pas de me beugler "Mais noooooon euuuuh. C'est pas comme ça qui faut faireeeeeuuuu." Comme si j'avais besoin de conseils pour beurrer des toasts à l'ail**.

- la délégation du 93 m'a aussi un peu énervé, mais là c'est politique. J'étais assis à côté d'eux et c'est bien simple, je crois qu'en 4 jours, on n'a quasiment jamais voté pareil. A la fin ça nous faisait quand même marré d'être d'accord sur rien.

Car enfin, durant ces quelques jours on a beaucoup voté : des résolutions, des motions, des rapports d'activités, des amendements, des rapports financiers... On a voté par mandats, par voix délibérative, à main levée, à l'applaudimètre. C'est bien simple aujourd'hui je suis en manque de vote et à chaque fois que j'ai envie de me gratter une couille, j'ai une furieuse envie de convoquer une assemblée plénière pour décider de la posture à adopter.

Deux principaux débats nous ont animé : la stratégie syndicale de la CGT pendant les grèves de 2003 et le référendum européen. En ce qui concerne le premier thème, ce fut houleux, limite steak sanglant pas cuit. Le premier jour, j'étais un peu stupéfait, je ne pensais pas qu'on pouvait autant s'engueuler entre gens de bonne famille. M. qui contrairement à moi n'en était pas à son premier congrès, essayait de me rassurer : "Ca se passe toujours comme ça, le premier jour, tous les mécontents vident leur sac, ils veulent virer la direction et foutre tout en l'air. Il y a un côté thérapie de groupe. Après ils se calment et les débats deviennent plus sereins". Il n'empêche que le première journée ça surprend car comme le chante si bien la vieille fille d'Avignon :

Elle est dans la voix, elle est dans les gestes;
Parlez-en tout bas, elle fera le reste!
La violence, celle qui tue avec les mots
.

Au sujet de ces grèves de 2003, deux positions. Les plus staliniens radicaux du 59 et les plus gauchistes radicaux du 93 ont multiplié les interventions reprochant à la direction de la CGT de n'avoir jamais appelé à la grève générale ce qui serait à l'origine de l'échec de 2003. M. leur a fait une réponse que j'ai trouvé limpide et qui disait en gros (je cite de mémoire) :

"En 1914, certains ont lancé des appels à la grève générale et la boucherie de 1914 a quand même eu lieu. En 1936, en 1968 et en 1995 dans certaines villes de France il y a eu des grèves générales sans qu'il y ait eu un seul appel à la grève générale. La grève générale ne se décrète pas d'en haut, elle se construit à la base. Ce n'est pas parceque la CGT appelle à la grève générale, que tous les salariés de France vont s'arrêter de travailler. La principale cause de l'échec de 2003 c'est surtout la faiblesse du syndicalisme en France. A côté de Montpellier, dans certaines grandes zones commerciales sur 25 000 salariés, il n'y a que trois syndiqués. Dès lors, comment affirmer qu'il suffit de clamer "Grève générale! Grève générale!" pour que celle-ci se déclenche. En 2003, dès le mois d'octobre la CGT a lancé des appels à la grève. C'est à nous militants d'amplifier ces grèves et de renforcer le syndicalisme. Nous ne pouvons pas demander sans cesse à notre direction, que nous avons nous-mêmes élu, de faire le travail à notre place".

Moi même j'aurai bien fait une intervention mais deux éléments m'en ont empêché : primo, parler devant 300 personnes, je ne sais pas faire encore, je suis trop timide; secondo, pendant les débats je me suis renversé sur la chemise un toast à l'ail ce qui a fait une grosse tâche sur ma chemise et comme chaque intervenant était filmé et apparaissait sur un écran de 10 m sur 8 je n'avais pas vraiment envie de me taper la honte devant tout le monde. A quoi ça tient une révolution quand même.

Deuxième thème principal : le référendum et la position jugée quelque peu frileuse de la direction CGT. Bon là c'était quand même moins chaud puisqu'on était tous d'accord pour rejetter le Traité. Je me suis quand même abstenu sur la motion qui rejettait le traité ET qui appelait à voter non, estimant qu'un syndicat n'a pas à donner de consigne de vote***. Baudequin (c'est notre grand timonier à nous profs cégétistes) a fait de même ainsi qu'une dizaine d'autres camarades, ce qui est peu sur 300.

En plus des nombreux autres débats portant sur le devenir de l'éducation nationale en France, on a également évoqué les progrès de notre organisation puisque on constate depuis 2003 une augmentation des adhésions au sein de l'Unsen-cgt (environ +10% depuis l'an dernier) ainsi qu'un rajeunissement des syndiqué-e-s et ça ça donne quand même des raisons d'espérer.

Enfin pour conclure ce très long post (je n'ai pas pu bloguer à Port-Barcarès puisqu'il n'y avait qu'un seul poste connecté à Internet, il faut donc que je me rattrape), je reprendrais juste cette parole historique que prononça en son temps le ministre de l'Instruction publique, Mario Roustan quand il remit le 1°prix du concours général de philosophie au fils du pharmacien de la Grand-rue : "Mon petit Maurice, vous direz à M.Clavel, votre papa, que je suis bien content". Et oui moi aussi je suis bien content.

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*Pour ceux qui ne savent pas où se trouve la Gabachie, voici la définition qu'en donne JL :"Pour un Languedocien de la plaine, le gabache, c'est le Languedocien des montagnes, le gabache c'est celui qui vient de l'autre versant. Les Sétois, qui par définition, viennent tous d'ailleurs, ont inventé un système très complexe de "gabache du dedans" et "de gabache du dehors". Vous l'aurez compris, le gabache c'est celui qui vient d'ailleurs. L'ailleurs étant toujours plus vaste que l'ici : la Gabachie est donc le plus grand pays du monde."

** Pour ceux qui ignorent la recette du toast à l'ail, je vous donne la recette de Françoise :
Piler une tête d'ail, mélanger l'ail avec 1 yaourt de mayonnaise, un yaourt nature et du sel. Mixer très fin 500 g de gruyère rapé. Mélanger le tout et mixer. Servir sur une tranche de pain éventuellement grillé. Accompagné le tout d'un petit verre de blanc. Les plus fins gourmets n'hésiteront pas une seconde à tenter l'expérience avec une tasse de café au p'tit déj.

*** Certes en 2002, la CGT a appelé à voter contre Le Pen et c'était parfait légitime car si le libéralisme est un adversaire, le facisme lui est un ennemi.

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Il semblerait qu'un autre blogueur était aussi à Port Barcarès. C'est dommage on s'est raté. Une prochaine fois peut-être.

09.05.05

Permalink 10:44:49, Catégories: On n'est pas là pour rigoler, 17 mots   French (FR)

Suis à Barcarès pour une semaine. Congrès national Sden CGT. Révolution en marche. Reviendrai à bloc.

05.05.05

Permalink 10:28:37, Catégories: Mon métier, ma passion., 180 mots   French (FR)

The brain

C. n'est pas un mauvais garçon. Juste un peu décalé.

- Qu'est-ce que tu es en train de faire là?
- Je taille mon crayon.
- Oui mais c'est un stylo bic que tu tailles là.
- Ah oui j'avais pas vu.

C. n'est pas un mauvais garçon. Un gentil voyou tout au plus.
- Tu ne devais pas être en stage cette semaine?
- Si mais à la pizzéria ils m'ont renvoyé.
- Pourquoi?
- J'avais volé le tampon de la pizzéria.
- ???
- Je voulais me tamponner des cartes de fidélité pour avoir des pizzas gratuites.

Et puis après j'ai corrigé mes copies de brevets blancs. J'y ai appris plein de choses.

"La conquête de l'Ouest a commencé à l'Est" ce qui est vrai;

"Aujourd'hui les minoritaires sont majoritaires" ce qui est plus discutable;

"Dans les ghettos des villes américaines, la délinquance a augmenté (par exemple, des avions se sont écrasés sur les tours jumelles)", ce qui est un peu exagéré;

"Certaines associations ont pour but la défense de l'extermination des insectes", c'est où qu'on adhère?

04.05.05

Permalink 17:19:13, Catégories: Petit boutiquier, 373 mots   French (FR)

Medef Académie

Une gentille internaunaute m'a signalé cet article de l'Express qui nous présente les différents requins candidats à la succession de Seillères à la tête du Medef. Mon devoir de réserve dut-il en souffrir, j'avoue que parmi les quatre prétendants, il en est un qui a su prendre la clef de mon coeur. Je n'ai rien contre les trois autres qui j'en suis sûr ont toutes les qualités requises pour sucer consciencieusement la moëlle des classes laborieuses de ce pays, mais à mon avis, Laurence Parisot (c'est d'elle dont il s'agit, ma préférée, l'élue de mon âme) les surpasse largement de trois coudées.

Pour rendre hommage à son père, en guise d'oraison funèbre, Isabelle Parisot aura ces mots touchants : "il m'a appris tout ce que je sais du management: moins les salariés en savent, mieux c'est". Avec cette spécialiste en jeux de hasard (Ifop) et en porte de placard (Optimum), on est au moins sûr d'une chose : la démocratie au sein de l'entreprise ne sera pas un vain mot. La suite de l'article (probablement un tissu de calomnies répandu par des malfaisants désoeuvrés) nous en apprend davantage encore sur son caractère de grand fauve des savanes.

Elle qui rêve de «réconcilier les Français avec l'entreprise» devra commencer par la sienne. Si, à l'Ifop, les salariés sont payés au-dessus du marché, c'est que la réputation de sa présidente fait fuir les talents. Elle pique des colères épouvantables, terrorise son entourage, mais ne contrôle pas grand-chose: elle demande la tête d'un collaborateur, l'oublie et se félicite ensuite d'avoir su repérer ce haut potentiel! Elle joue la carte du management moderne, mais cesse de communiquer les chiffres aux cadres dès qu'ils deviennent mauvais. Ses lubies irritent, comme cette interdiction des Post-it à une époque où l'entreprise va mal: pour faire de légitimes économies ou parce que "ce n'est pas comme ça qu'on réfléchit"? Lors des séminaires de cadres, c'est elle qui décide qui aura droit à une chambre particulière et qui devra la partager…

Le post-it sera le pavé de demain.

03.05.05

Permalink 11:54:39, Catégories: Petit boutiquier, 455 mots   French (FR)

« Le seul concert auquel Jean-Pierre Raffarin ait assisté c’est celui du soixantième anniversaire de Johnny Hallyday. C’est le seul concert où il est allé, en un an et demi, ça vous décrit le personnage, d’une médiocrité affligeante - et ce n’est que la partie visible de l’iceberg ! »
Pierre BOULEZ, interview à Artpress (juin 2004)

Heureusement Chirac lui c'est autre chose. Les backstages, il maîtrise. C'est sans doute pour cela qu'hier notre Président a organisé une méga-boum du Oui avec le fleuron de la culture hexagonale. De ce concentré de tête à Toto, plusieurs enseignements à tirer.

- la culture européenne sera drôle. Très tôt, Jacques Chirac a donné le ton en prodiguant moults bons mots dont il a le secret dès qu'il a un verre de Corona en trop dans le nez : "La culture n'est pas une marchandise, elle ne peut donc être abandonnée au jeu aveugle du marché". Mis en confiance par tant de mieux-disant culturel, les participants ont essayé de faire aussi bien. Ainsi, Vivienne Westwood, nous a habillé pour l'hiver : "Ne vous ennuyez pas à lire les 800 pages, et votez pour le oui, c'est si important". Et Françoise Hardy d'ajouter :"J'avoue que je ne comprend pas que des gens veuillent voter non". D'ailleurs de manière générale, il faut bien avouer que Françoise Hardy ne comprend pas grand chose. Moi ce que je n'arrive surtout pas à saisir, c'est comment un truc grisâtre comme elle doté d'un organe vocal aussi puissant que le bruit d'une tête d'épingle tombant sur un tapis de velours, arrive à se faire passer pour une chanteuse.

- la culture européenne sera chabadabada. Claude Lelouch nous prévient : "tout ce qui touche à l'art passe par une recherche qu'il faut protéger". Oui mais alors là, si la Constitution européenne a pour but de protéger les films de Lelouch, ne comptez pas sur moi. Je préfère encore me gaver de séries américaines et de kung-fu hong-kongais. (D'ailleurs vous avez remarqué, nul part dans le texte du TCE il est dit que les films de Lelouch seront interdits aux moins de 116 ans)

- la culture européenne sera métaphorique. Jeanne Moreau nous a parodié Raffarin et son histoire de quai et de train à ne pas rater : "C'est comme si il y avait une source et que de cette source jaillisse un fleuve (...) Que fait-on ? On reste au bord ? Non, il faut monter sur le bateau, il faut voir où ça nous emmène, ou alors il faut balayer tout le système politique, mais il ne faut pas être spectateur, jamais". Oui surtout des films de Claude Lelouch.

02.05.05

Permalink 18:49:06, Catégories: Petit boutiquier, 424 mots   French (FR)

Grisbi for all

Décidément ces derniers jours les bonnes nouvelles pleuvent comme cash qui pisse. Hier on nous expliquait doctement que le chômage montait mais que ce n'était pas bien grave vu que l'augmentation était en pleine décélération. Aujourd'hui on nous apprend que les salaires des grands patrons continuent d'augmenter de manière vertigineuse mais que cette augmentation n'est pas si vertigineuse que ça puisqu'elle est moindre que l'an dernier. La décélération de l'augmentation est très tendance si bien qu'on constate actuellement une forte augmentation des décélérations d'augmentation (vous avez le droit de relire).

Ainsi alors qu'en 2003, les salaires des grands patrons avaient augmenté de 14%, en 2004, ils n'ont augmenté que de 9,3%. Une vraie misère. Cette fois-ci le doute n'est plus permis, la Révolution socialiste est en marche et on voit mal ce qui pourrait arrêter la redistribition des richesses orchestrée par notre grand timonier poitevin. A ce rythme là, en 4135, la fracture sociale ne sera plus qu'un lointain gag fossilisé dans la couche calcaire.

Ainsi, à force de travailler plutôt que d'aller chez le coiffeur, Thierry Breton a connu en 2004, une augmentation de salaire de 5,6%. C'est mieux que Lindsay Owen-Jones, P-DG de L'Oréal (+0,3% d'augmentation seulement) mais c'est moins bien que Jean-René Fourtou de Vivendi Universal (+52,9%). Pour ceux à qui les chiffres bruts susciteraient des vertiges nauséeux, on peut toujours leur conseiller un peu d'hépagrume ou de notamine. Pour faire simple ça se chiffre en millions. C'est du lourd, du massif, du costaud. On demanderait bien à ces win-win, forces vives de la France qui gagnent plus que moi, d'être solidaires avec les acheteurs de disques de Sardou mais hélas, ils ont déjà acheté au nouvel An 2004, trois calendriers des Postes pour les étrennes des facteurs, alors faudrait quand même pas trop les taxer, l'asphixie les guette.

Bien sûr je ne voudrais point passer pour un envieux, un être cupide, assoifé d'or, d'actions eurotunnel et de femmes nues mais il faut admettre que l'addition est difficile à digérer. Surtout que dernièrement le trolls Sarkozy, a encore radoté au sujet de la "polémique" (que j'aime ce terme tellement anodin) en crachotant que "le problème de la France, c'est qu'il faut mieux récompenser le travail" tout en nous demandant de travailler le lundi de Pentecôte sans pour autant nous augmenter. Travailler plus sans gagner plus, les slogans de neuneux même en décélération, deviennent un rien pénibles.

01.05.05

Permalink 08:38:33, Catégories: Patati et Patata, Petit boutiquier, 52 mots   French (FR)

Le décélérateur

Décélérateur boy [nous avons une décélération de l'augmentation des raffarinades]

Tu deviendras un préjugé à deux pattes (…) Tu signifieras sottise comme M. de La Fayette signifie Amérique; M. de Talleyrand, diplomatie; Désaugiers, chanson; M. de Ségur, romance.

Balzac, La Fille aux yeux d'or

Le blog de Torpedo

J'ai décidé de dissoudre l'Assemblée nationale.

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